Les règles déontologiques de la profession médicale découlent de la valeur que toute société se doit d'accorder à la vie humaine. Elles constituent un droit fondamental de l'être humain. Or, aujourd'hui au 1990, sous prétexte d'arguments économiques, la déontologie médicale et les droits des malades sont en danger. Lorsque des abus et des gaspillages existent, ils doivent être éliminés. Mais l'Etat n'a pas le droit d'en tirer prétexte, comme il le fait, pour attaquer les malades et les médecins et pour inciter ces derniers à être parjures au serment qu'ils ont prêté en conscience. La protection du malade, de l'être humain souffrant et vulnérable est un devoir absolu pour tous et à fortiori pour les médecins.
La déontologie médicale définit les droits et devoirs des médecins comme étant des droits des malades :
" Le médecin doit soigner avec la même conscience tous ses malades, quelle que soit leur condition (article 5)… il doit leur faciliter l'obtention des avantages sociaux auxquels leur état leur donne droit (art 48) il doit s'efforcer d'obtenir la bonne exécution du traitement (art 36)". Ces règles, faudrait-il aujourd'hui que les médecins les abandonnent parce que les avantages sociaux des malades s'effritent et que, bien des fois, leurs conditions matérielles ne leur permettent plus d'exécuter les traitements nécessaires ?
" Le médecin doit disposer le moyens techniques suffisants (art.15)….il doit consacrer le temps nécessaire et s'aider des méthodes scientifiques les plus appropriées (art.36) ". Faudrait-il que les médecins renoncent à ces règles au nom des contraintes budgétaires, des normes et des quotas fixés par l'Etat ?
"Le médecin ne peut aliéner son indépendance professionnelle (art.10) ... il est libre de ses prescriptions (art. 9)". Cette indépendance et cette liberté nous les devons entières aux êtres humains qui, confrontés à la souffrance, à la maladie, à la mort, se confient à nous. Faudrait-il aujourd'hui les abandonner afin de collaborer, comme cela tend à nous être imposé, au rationnement des soins ? C'est impossible. Nous sommes médecins. Ces règles de la déontologie médicale, au delà même du texte de loi, constituent des valeurs universelles qui doivent être respectées. Aucune raison, fut-ce la raison d'Etat, n'autorise à transiger avec elles.
L'A.M.D.D.D.M. a été constituée par 200 premiers médecins, sous la présidence d'Honneur du Professeur P. MILLIEZ Elle se prononce et agit pour les principes fondamentaux suivants :
1 - le respect absolu de la déontologie médicale ;
2 - le respect absolu de l'indépendance du médecin vis à vis des autorités étatique et administratives qui n'ont pas le droit de s'immiscer dans la relation médecin-malade ;
3 - l'accès pour tous les malades à tous les soins de meilleure qualité à égalité de droits et sans autre limite que le niveau atteint par les connaissances scientifiques.
L'Association ne saurait s'opposer ou entrer en concurrence avec aucune autre organisation médicale. Les principes qu'elle défend sont en effet communs à tous les médecins quels que soient leur mode d'exercice et leurs opinions : il s'agit de leur droit à respecter la déontologie afin de pouvoir en toutes circonstances, protéger les malades.
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